L'enlèvement de Japonais par la Corée du Nord

Comment les enlèvements ont-ils été commis ?

Les 23 victimes d’enlèvement identifiées par l’AVEJCN (par ordre chronologique)

Shoji Terakoshi, Soto Terakoshi and Takeshi Terakoshi :

Ils disparaissent le 1er mai 1963 alors qu’ils étaient partis pêcher au large de la pé- ninsule de Noto (préfecture d’Ishikawa). Seul leur bateau est retrouvé sur les côtes. 24 ans plus tard, en 1987, la soeur de Sotô Terakoshi reçoit une lettre de son frère qui lui explique qu’ils vivent en Corée du Nord.

An Myong-jin, l’ancien espion nord-coréen, a révélé avoir aperçu un homme res- semblant à Takeshi Terakoshi près d’un entrepôt d’armes de l’université militaire Kim Jong-il. O Gu-ho, son instructeur lui a alors dit : « Je suis tombé sur lui lors d’une mission d’espionnage. C’est moi qui l’ai enlevé et ramené ici ! », et (à propos de la personne qui pourrait être Shôji) : « Sur les lieux de l’enlèvement, il a essayé de résister et de protéger l’enfant (Takeshi, âgé alors de 13 ans). Je lui ai tiré dessus et il a disparu dans la mer », ou encore : « Les trois personnes étaient parties de nuit à quelques centaines de mètres au large de la péninsule de Noto. Le bateau-espion est entré en collision avec le leur. Afin qu’ils ne dénoncent pas notre entrée illégale, nous les avons enlevés en laissant leur bateau sur place».

Ce témoignage prouve donc l’implication de la Corée du Nord dans l’enlève- ment de Takeshi Terakoshi. Cependant, les autorités nord-coréennes ont forcé ce dernier à déclarer qu’un de leurs bateaux l’avait secouru à cette époque.

Kumiko Kato :

Le 8 août 1970, Kumiko Katô disparaît après s’être séparée de sa sœur cadette à un arrêt de tramway de Yahata higashi (ville de Kyushu). Alors employée de bureau à l’époque, Kumiko se rendait à son lieu de travail, à Kokura. Tout semblait normal, et elle avait demandé à sa famille de lui préparer son kimono car elle allait voir son professeur de tricot en fin de semaine.

An Myong-jin, l’ancien espion nord-coréen, a déclaré avoir vu une femme qui lui ressemblait fortement : «Il n’y a presque aucun doute, c’est elle. Elle se trouvait avec Megumi Yokota au centre de formation des agents à l’université militaire Kim Jong-il. »

Noriko Furukawa :

« Je suis à la gare de Chiba ». Ce sont les dernières nouvelles de Noriko Furukawa après qu’elle a passé un coup de téléphone dans la matinée du 7 juillet 1973, jour de sa disparition. An Myong-jin a dit avoir vu une femme lui ressemblant à l’hôpital 915. Dans le live qu’il a publié en 1998, outre ses témoignages sur Megumi Yokota et Shûichi Ishikawa, son récit détaille une femme japonaise qui se trouvait à l’hôpital 915. Cette femme, c’était Noriko Furukawa.

Kimiko Fukutome :

Kimiko Fukutome, originaire de la préfecture de Kochi, monte à la capitale après la fin de ses études au lycée préfectoral. Tout en fréquentant les bancs d’un institut universitaire, elle travaille dans une société de sécurité. Mais Kimiko devient aussi l’épouse de Takeshi Okamoto, un des principaux instiga- teurs du détournement du vol JAL 351 le 31 mars 1970 (appelée également « prise d’otages du Yodogo ») et membre de la « Faction Armée Rouge japonaise ». Les femmes japonaises de ce commando terroriste sont toutes allées de leur plein chef en Corée du Nord étudier la doctrine de Kim Il-sung. Sauf une, Kimiko Fukutome. Cela laisse supposer qu’elle a été enlevée puis mariée de force à Takeshi Okamoto.

Kim Il-sung a ordonné aux terroristes rouges de construire en Corée du Nord le « Village de la révolution japonaise », mais c’est Kim Jong-il qui a donné les directives pour les enlèvements. Le leader du groupe, feu Takamaro Tamiya, aurait participé au kidnapping d’environ 20 personnes. Parmi elles, seuls Tôru Ishioka, Kaoru Matsuki et Keiko Arimoto ont pu être identifiés.

Yutaka Kume :

Yutaka Kume était garde de sécurité à la mairie de Mitaka (Tokyo). Il a été kidnappé par des agents nord-coréens sur les côtes d’Ushitsu dans la péninsule de Noto. Un Nord-Coréen du nom de Lee, arrêté alors pour titre de séjour illégal, a avoué avoir entraîné Yutaka Kume jusqu’à une auberge proche des côtes d’Ushitsu, et l’avoir remis à des agents nord-coréens. Selon son témoignage, un espion lui aurait ordonné « d’enlever un homme japonais célibataire âgé de 52, 53 ans, en lui demandant au préalable un document prouvant son état civil ». Bien que la police ait découvert des cryptogrammes dans l’appartement tokyoïte de Lee, preuves pourtant suffisantes pour l’incarcérer, celui-ci n’a pu être poursuivi en justice car personne n’a pu infirmer l’hypothèse d’un départ de Yutaka Kume de son plein gré.

Si la police et le gouvernement avaient accordé plus d’importance à cette affaire, l’enlèvement 2 mois plus tard de Megumi Yokota aurait certainement pu être évité, tout comme les autres qui ont suivi.

Megumi Yokota :

Le 15 novembre 1977 à Niigata, Megumi Yokota, alors âgée de 13 ans, est enlevée sur le chemin qui sépare son collège de sa maison. Il faudra attendre près de 20 ans pour avoir enfin des nouvelles d’elle. En 1996, le numéro d’octobre de « Gendai Korea », un magazine d’informations spécialisé dans la péninsule coréenne, présente le témoignage anonyme d’un espion nord-coréen. Celui-ci déclare qu’une fille de 13 ans a été enlevée sur les côtes japonaises pour être emmenée en Corée du Nord, et que le rapt a été commis alors qu’elle avait terminé son cours de badminton et qu’elle rentrait chez elle. Ces informations concordent parfaitement avec celles recueillies lors de la disparition de Megumi. En janvier 1997, Shingo Nishimura, un membre de la Chambre des Représentants, interpelle le gouvernement sur cette affaire ainsi que le comité budgétaire en février. Ryûtarô Hashimoto, alors Premier ministre, a officiellement répondu qu’une enquête était en cours. En mai de la même année, lors de la commission des comptes de la Chambre des Conseillers, le gouvernement reconnaît l’enlèvement de Megumi Yokota par la Corée du Nord.

Les documents prouvant le décès de Megumi, ainsi que les ossements remis par les autorités nord-coréennes au Japon se sont tous révélés faux.

Certains éléments laissent supposer que si la Corée du Nord ne tient pas à rendre Megumi Yokota, c’est parce qu’elle détiendrait des informations confidentielles sur la famille de Kim Jong-il.

Minoru Tanaka :

Minoru Tanaka était employé au « Laï daï », un restaurant chinois près de la gare d’Ogi (Kobe). En 1997, dans le numéro de janvier du magazine « Bungei Shunjû », Zhang Young-eun, un Nord-Coréen résidant au Japon a avoué qu’il appartenait au réseau « Nakdong », une organisation secrète nord-coréenne. Selon lui, deux autres membres de cette organisation ont emmené Minoru Tanaka à l’aéroport de Narita le 6 juin 1978. En passant d’abord par Vienne, puis par Moscou, ils l’ont débarqué à Pyongyang. Zhang Young-eun s’est avéré être le gérant du restaurant chinois où Minoru Tanaka travaillait. En avril 2005, le gouvernement a reconnu son enlèvement par la Corée du Nord.

Yaeko Taguchi :

En juin 1978, Yaeko Taguchi est enlevée alors qu’elle dépose sa fille de 2 ans et son fils de 1 an dans une crèche à Takadanobaba (Tokyo). En 1988, Kim Hyon-hui une des responsables de l’attentat à la bombe sur un avion de la Korean Airlines en 1987, donne une conférence de presse dans laquelle elle prétend avoir été formée à se mêler à la société japonaise par une femme du nom de Lee Un-hae. C’était le nom coréen qu’on avait donné à Yaeko Taguchi. En 1991, la préfecture de police de Saitama a confirmé que Lee Un-hae était bien Yaeko Taguchi, née dans la même préfecture. Le 20 mai, à Pékin, soit 5 jours après cette annonce, le Japon demande à la Corée du Nord de diligenter une enquête sur Lee Un-hae lors du 3e tour des discussions pour la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. La Corée du Nord réagit violemment et quitte la table des négociations. En 2002, lorsque Yukiko Hasuike (née Okudo) revient au Japon, elle déclare que Yaeko avait enseigné le japonais à un agent du nom de Kim Ok-ka en Corée du Nord. Il s’avère que Kim Ok-ka était le nom de code de Kim Hyon-hui quand elle se trouvait dans le centre d’espionnage. Les deux témoignages concordent donc et confirment que Lee Un-hae et Yaeko Taguchi étaient bien la même personne. La Corée du Nord nie encore toute implication dans l’attentat du vol KAL, tout comme elle nie que Kim Hyon-hui était une espionne à leur solde. Pour les autorités nord-coréennes, renvoyer Yaeko Taguchi au Japon signifierait accepter leur responsabilité dans l’attentat. Ce qu’elles ne sont pas prêtes de faire.



Yasushi Chimura and Fukie Hamamoto :

Le 7 juillet 1978, après avoir dîné dans un restaurant proche des côtes d’Obama (préfecture de Fukui), Yasushi Chimura et Fukie Hamamoto se font tous les deux kidnapper. Yasushi était apprenti charpentier à cette époque. La camionnette qu’il conduisait a été retrouvée avec les clés sur le volant sur un belvédère surplombant la côte. 9 jours plus tôt, le couple venait juste de s’échanger leur cadeau de fiançailles. Il n’y avait donc aucune raison pour qu’il s’évanouisse de la sorte. De plus, le père de Yasushi a appris des gardes-côtes qu’un bateau suspect avait été repéré au large, non loin du lieu de la disparition. Le 15 octobre 2002, Yasushi et Fukie reviennent au Japon, suivis en 2004 par leur fille et leurs deux garçons. Dans la deuxième moitié de l’année 1978, trois couples sont kidnappés, et un parvient à s’échapper. Les objets laissés par les ravisseurs sont de fabrication nord-coréenne. Kim Il-sung a ordonné aux terroristes rouges de construire en Corée du Nord le « Village de la révolution japonaise », mais c’est Kim Jong-il qui a donné les directives pour les enlèvements. Le leader du groupe, feu Takamaro Tamiya, aurait participé au kidnapping d’environ 20 personnes. Parmi elles, seuls Tôru Ishioka, Kaoru Matsuki et Keiko Arimoto ont pu être identifiés.



Kaoru Hasuike and Yukiko Okudo :

Yutaka Kume était garde de sécurité à la mairie de Mitaka (Tokyo). Il a été kidnappé par des agents nord-coréens sur les côtes d’Ushitsu dans la péninsule de Noto. Un Nord-Coréen du nom de Lee, arrêté alors pour titre de séjour illégal, a avoué avoir entraîné Yutaka Kume jusqu’à une auberge proche des côtes d’Ushitsu, et l’avoir remis à des agents nord-coréens. Selon son témoignage, un espion lui aurait ordonné « d’enlever un homme japonais célibataire âgé de 52, 53 ans, en lui demandant au préalable un document prouvant son état civil ». Bien que la police ait découvert des cryptogrammes dans l’appar- tement tokyoïte de Lee, preuves pourtant suffisantes pour l’incarcérer, celui-ci n’a pu être poursuivi en justice car personne n’a pu infirmer l’hypothèse d’un départ de Yutaka Kume de son plein gré.

Si la police et le gouvernement avaient accordé plus d’importance à cette af- faire, l’enlèvement 2 mois plus tard de Megumi Yokota aurait certainement pu être évité, tout comme les autres qui ont suivi.



Shuichi Ichikawa and Rumiko Masumoto :

Le 12 août 1978, Shûichi Ichikawa et Rumiko Matsumoto sont enlevés sur le bord de mer de Fukiage (préfecture de Kagoshima). À l’époque, Shûichi travaillait pour les télécommunications publiques (aujourd’hui NTT) à Kagoshima, et Rumiko était employée de bureau. Leur voiture, retrouvée sur les lieux de la disparition était fermée à clé. Le sac et l’appareil photo de Rumiko étaient sur le siège passager. Dans ce sac, se trouvaient des lunettes de soleil, un portefeuille et du nécessaire à maquillage. Aucune trace de lutte n’a été observée dans la voiture. La pellicule de l’appareil contenait des photos de Shûichi et de Rumiko prises le jour de la disparition. La Corée du Nord a présenté leurs actes de décès, mais il s’est avéré que ces documents étaient des faux.



Hitomi and Miyoshi Soga :

Le 12 août 1978, Miyoshi Soga et sa fille Hitomi sont enlevées à Sadogashima (préfecture de Niigata) alors qu’elles reviennent des courses. Ce kidnapping a lieu le même jour que celui de Shûichi Ichikawa et Rumiko Matsumoto, ce qui confirme que les agents nord-coréens avaient l’intention d’enlever plusieurs personnes en même temps et que leurs opérations visaient tout le pays, sur les côtes comme sur les terres.

Trois hommes agressent la mère et sa fille. Ils les enferment dans de grands sacs, et les chargent à bord d’une barque qui les emmène en mer. Là, ils les placent dans un plus gros bateau qui mouillait au large et qui repart aussitôt pour la Corée du Nord. Dans la barque, Hitomi croit entendre une femme parler en japonais, probablement à sa mère. La Corée du Nord a cependant démenti que Miyoshi Soga se trouvait sur leur territoire.

« Ta mère est au Japon ! » C’est ce que répondent les autorités nord-coréennes à Hitomi qui s’enquiert du sort de sa mère. La vérité est que Miyoshi n’y est plus depuis le jour de leur disparition. D’autre part, aucune preuve de leur enlèvement n’a été trouvée, et avant que la Corée du Nord ne finisse par l’ad- mettre, personne n’aurait pu affirmer si elles avaient bien disparu dans ces circonstances. Ce genre de cas sans éléments probants est malheureusement loin d’être isolé.

En Corée du Nord, Hitomi a vécu un temps avec Megumi Yokota. Le 15 octo- bre 2002, elle rentre enfin au Japon, et en 2004, son mari Charles Jenkins ainsi que leurs deux enfants la rejoignent. Ce dernier est un déserteur de l’armée américaine. Il vivait avec trois autres Américains, qui avaient comme lui fui l’armée. Hitomi Soga a déclaré à son retour que les femmes de ces ex-soldats américains étaient toutes des victimes d’enlèvement. La Corée du Nord avait élargi son champ d’action à 12 pays.

Outre Hitomi Soga, il y avait la Libanaise Shiham Shraiteh, la Thaïlandaisse Anocha Panjoy et la Roumaine Doina Bumbea. Tous vivaient dans le même appartement.

Toru Ishioka :

Tôru Ishioka étudie à la faculté d’agriculture et de médecine vétérinaire (devenue plus tard la faculté des sciences de Bio-ressources) de l’Université Nihon. Déterminé pourtant à devenir artisan boulanger et fromager, il décide de partir en voyage en Europe. En mai 1980, il ne donne plus signe de vie. Ce n’est que huit ans plus tard, en 1988 que ses parents, habitant en Hokkaido, reçoivent une lettre de lui cachetée en Pologne. Tôru leur écrit qu’il vit désormais à Pyongyang avec Keiko Arimoto et Kaoru Matsuki. Il a remis discrètement cette lettre à un Polonais rencontré dans Pyongyang alors qu’il faisait ses courses et l’a chargé de la poster dans son pays.

On retrouve des photos de Tôru Ishioka prises à Barcelone juste avant sa disparition. Elles le montrent en compagnie de Sakiko Wakabayashi et Yoriko Mori, deux femmes de membres du groupe Yodogo responsable du détournement du vol JAL 351. Le rôle de ces femmes, encouragées par les services secrets nord-coréens, était d’approcher les Japonais et de les emmener en Corée du Nord.

Tôru Ishioka a épousé Keiko Arimoto en Corée du Nord. Ils ont une fille mais les autorités nord-coréennes prétendent, documents à l’appui, qu’elle est décédée. Ces documents se sont révélés faux.

Kaoru Matsuki :

Kaoru Matsuki a étudié l’espagnol à la faculté des langues étrangères de l’Université de Kyoto avant de se rendre en Espagne poursuivre sa Maîtrise. Il disparaît à Madrid en mai 1980 après avoir été approché par Sakiko Wakabayashi et Yoriko Mori, deux femmes de membres du groupe Yodogo. Deux autres Japonaises qui séjournaient alors à Madrid et qui fréquentaient Tôru, Kaoru, Sakiko et Yoriko ont affirmé dans leur témoignage : « Ces filles voulaient que l’on aille tous ensemble à Vienne mais nous avons refusé ».

Tadaaki Hara :

Tadaaki Hara est kidnappé par Sin Kwang-su, un espion nord-coréen, en juin 1980 sur les rives d’Aoshima (préfecture de Miyazaki). Selon un document d’enquête de la Sécurité Nationale de Corée du Sud daté du 29 juin 1985, le ravisseur avait reçu de Kim Jong-il lui-même l’ordre de ramener un Japonais en Corée du Nord et d’usurper son identité à la perfection afin d’effectuer des missions d’espionnage au Japon et en Corée du Sud.

Après s’être infiltré au Japon, Sin Kwang-su se met sous les ordres de Lee Sam-jun. Ce dernier est alors président de la chambre de commerce nord-coréenne à Osaka et propriétaire d’un restaurant chinois où Tadaaki Hara travaille comme cuisinier. Sin Kwang-sun parvient à leurrer Tadaaki, le kidnappe à Aoshima et l’emmène en Corée du Nord. Il revient au Japon de nouveau, mais dans la peau de Tadaaki Hara cette fois, et parvient même à obtenir un passeport en usant de cette identité. En 1985, il est mis aux arrêts alors qu’il tentait d’entrer en Corée du Sud avec ce passeport. Mais le 31 décembre 1999, le président sud-coréen Kim Dae-jung l’amnistie et le relâche. Sin Kwang-su rejoindra la Corée du Nord l’année suivante. Excepté l’enlèvement de Tadaaki Hara, il n’a avoué aucun des autres crimes qui lui étaient reprochés. Cela lui a valu le titre de « Héros national » en Corée du Nord.

Les autorités nord-coréennes ont présenté l’acte de décès de Tadaaki Hara, mais le document était un faux.

Kenzo Kosumi :

De nombreux éléments font penser que Kenzô Kosumi a été enlevé en 1980. En 1985, une grande figure de l’espionnage nord-coréen nommée Park, infiltrée au Japon en se faisant passer pour Kenzô Kosumi est repérée par la police qui lance alors un mandat d’arrêt international contre lui. En usurpant l’identité de Kosumi, Park avait officiellement obtenu son permis de conduire et son passeport japonais. Il vivait avec une Japonaise sous cette fausse identité et continuait à se livrer à ses activités d’espionnage.

Personne ne sait avec certitude quand Kenzô Kosumi a été emmené de force en Corée du Nord, mais en avril 1980, son registre familial est transféré d’Hakodate à Tokyo. Sous le nom de Kosumi, Park avait monté une société et effectuait des voyages à l’étranger, notamment en Corée du Sud. En 2006, l’identité réelle de Park a été découverte : ce n’était nul autre que Choi Sunchol qui en juillet 1978, avait commis les enlèvements de Kaoru Hasuike et de Yukiko Okudo.

Keiko Arimoto:

Keiko Arimoto venait de terminer son séjour d’études universitaires à Londres. Le jour prévu de son départ pour le Japon, elle envoie le télégramme suivant à sa famille : « J’ai trouvé un travail. Je repousse mon retour. Keiko ». Ses parents re- cevront par la suite une lettre de Copenhague. Ce seront les dernières nouvelles de leur fille. La lettre que Tôru Ishioka a écrite et fait envoyer de Pologne confir- mera que Keiko se trouve avec lui en Corée du Nord. La photo jointe à cette lettre montre Keiko et Tôru avec un bébé.

Megumi Yao, l’ex-femme de Yasuhiro Shibata, un des leaders du détournement du vol 351 de la Japan Airlines, est celle qui a enlevé Keiko Arimoto. En avril 2002, elle reconnaît son crime devant la Cour Suprême du Japon.

Les autorités nord-coréennes ont présenté l’acte de décès de Keiko Arimoto. Il s’est avéré que le document était un faux.

Sur les 23 victimes d’enlèvements identifiées par l’ ANSJECN, le gouvernement en a confirmé 17 (les autorités japonaises ne pouvant confirmer un enlèvement que sur la base de preuves tangibles).

An Myong-jin, l’ancien espion nord-coréen, a lui été le témoin de 15 enlèvements parmi lesquels le nom de plusieurs victimes n’ a pu être identifié. Il a aussi ajouté que l’université militaire et politique Kim Jong-il comptait 30 instructeurs japonais. Ceux qui avaient été enlevés et qu’on ne destinait pas à devenir instructeurs étaient utilisés pour d’autres tâches. Enfin, selon lui, le groupe impliqué dans le détournement de l’ avion de la JAL a enlevé 20 personnes.

Il existe encore des cas inexpliqués ou dont les preuves sont inexistantes comme pour Miyoshi et Hitomi Soga. Les victimes d’enlèvement par la Corée du Nord ne se limitent donc pas à celles que le gouvernement japonais a pu identifier. Elles sont beaucoup plus nombreuses.