L'enlèvement de Japonais par la Corée du Nord

Shin Suk-ja, le symbole des victimes d’enlèvement des Sud-Coréens par la Corée du Nord

La photo est prise au camp de concentration de Yodok, en Corée du Nord, où sont retenues prisonnières Shin Suk-ja et ses filles Hae-won(en haut à droite) et Kyu-won(au premier plan). Le père de cette famille est Oh Kil-nam, un docteur en économie. C’est l’une des photos que Yun I-sang, un compositeur de musique classique sud-coréen a remis à Oh Kil-nam, alors réfugié à Berlin, pour le persuader de rentrer en Corée du Nord rejoindre sa famille. Oh Kil-nam a lancé une campagne pour libérer sa famille à Tongyeong, la ville natale de sa femme. En Corée du Sud, Shin Suk-Ja est désormais connue comme « La fille de Tongyeong ». Elle est devenue le symbole des victimes d’enlèvement par la Corée du Nord. Cette campagne a suscité un vif intérêt de l’opinion publique en Corée du Sud.

Tout comme Megumi Yokota est le symbole au Japon des victimes d’enlèvement par la Corée du Nord, Shin Suk-ja, que l’on appelle « La fille de Tongyeong » est celui de la Corée du Sud. Son histoire a suscité un grand intérêt et à permis à l’opinion publique sud-coréenne de comprendre la gravité des crimes d’enlèvements de ses citoyens par la Corée du Nord.

Cette année, une exposition de photos de Shin Suk-ja au camp de concentration pour opposants politiques a été organisée par des étudiants en université. Cette exposition itinérante a parcouru toute la Corée du Sud et a été le détonateur qui a relancé la campagne de soutien à Shin Suk-ja. C’est notamment dans sa ville natale de Tongyeong (province du sud Gyeongsang ) que des représentants religieux et des camarades de classe de son école ont entrepris le mouvement qui s’est par la suite amplifié dans tout le pays jusqu’à faire réagir le gouvernement et les membres du parlement sud-coréen. La personnalité noble de Shin Suk-ja a su toucher le cœur de tous les Coréens.

L’Histoire :

Shin Suk-ja quitte la Corée du Sud pour travailler en Allemagne en tant qu’infirmière. Elle y rencontre Oh Kil-nam, un jeune sud-coréen alors étudiant en économie. Le couple se marie et a deux enfants. Ils ont une vie de famille des plus heureuse.

En 1985, Oh Kil-nam obtient son diplôme de docteur en économie et en décembre de la même année, il se voit proposer par un agent nord-coréen un poste important en Corée du Nord. Abusé par les mensonges de l’espion, il décide de partir en emmenant sa famille avec lui, malgré les objections de sa femme. Une fois sur place, Oh Kil-nam et sa famille sont logés dans une « résidence pour étrangers” où ils subissent un lavage de cerveau pendant trois mois. De juin à novembre 1986, Oh Kil-nam est forcé de travailler à la radio pour une émission de propagande à destination de la Corée du Sud appelée « La Voix du Salut National », puis il se voit intimé l’ordre d’enlever deux étudiants sud-coréens en Allemagne.

Apprenant les raisons pour lesquelles son mari repartait en Allemagne, Shin Sukja lui dit alors : « Ne t’abaisse pas à faire une chose aussi méprisable que de trahir tes propres compatriotes en les emmenant ici, en Corée du Nord ! Si tu parviens à t’échapper, fais-le ! Mais fais tout pour nous sauver une fois libre ! »

Lors de son voyage en Allemagne, Oh Kil-nam parvient à s’échapper pendant l’escale de son vol à l’aéroport de Copenhague. Puis il rentre en Allemagne de l’Ouest où il commence sa campagne pour libérer sa femme et ses deux filles.

En 1991, les autorités nord-coréennes demandent au compositeur de musique classique Yun I-sang résidant alors en Allemagne de transmettre à Oh Kil-nam des enregistrements audio de Shin Suk-ja et de ses filles, ainsi que des photos d’elles prises au camp de concentration de Yodok dans le but de le convaincre de revenir à Pyongyang.