L'enlèvement de Japonais par la Corée du Nord

Requête de Shigeo Izuka, président de l’AFVECN

(réunion exceptionnelle de Tokyo, le 17/09.2012)

Shigeo Izuka
(le frère aîné de Yaeko Taguchi, une des victimes d’enlèvement)

«Il y a 10 ans, revenaient au Japon cinq victimes d’enlèvement par la Corée du Nord. Cela fait 10 ans aujourd’hui que nous espérons chaque jour le retour des autres victimes.

S’il n’existe pas de relations diplomatiques officielles entre les deux pays, et qu’il est difficile de mettre en place des consultations, c’est qu’il est manifeste, pour avoir organisé des enlèvements irrémissibles sur des victimes innocentes, que la Corée du Nord est un État criminel. Pour les familles et les victimes concernées, La Corée du Nord est un pays ennemi.

C’est dans cet état d’esprit que nous avons jusqu’à présent exprimé notre colère à la face de la Corée du Nord. Avec l’appui de l’opinion publique, de vous tous, le gouvernement japonais a continué à traiter cette question comme l’un des sujets majeurs au Japon.

Pour que la Corée du Nord ouvre les négociations d’elle-même, il faut qu’elle subisse des pressions. C’est notamment grâce à une pression considérable de la part des États-Unis sur la Corée du Nord que 10 ans auparavant, la conférence au sommet entre M. Koizumi et les autorités nord-coréennes a pu se faire. À l’époque, les Américains définissaient ce pays comme appartenant à « l’axe du mal » ou le qualifiaient d’État terroriste », forçant ainsi la Corée du Nord à faire un pas envers le Japon sur le problème des enlèvements.

Il y a 4 ans, la Corée du Nord a promis de rouvrir l’enquête sur ce problème seulement parce que le gouvernement japonais avait officiellement adopté des mesures de répression et qu’il les a appliquées. Les deux associations estiment que les négociations diplomatiques avec le régime dictatorial de Kim Jong-il ne suffiront pas à ramener les victimes chez elles. À partir de juillet 2003, elles demandent au gouvernement japonais d’appliquer des mesures de rétorsion envers la Corée du Nord.

Cette fois, la mise en oeuvre de nouvelles négociations intergouvernementales sera cruciale, et la Corée du Nord attend certainement du Japon qu’il lève ses sanctions contre elle. Nous sommes en face d’un pays ennemi, et face à un état criminel il n’est pas concevable d’offrir notre assistance, qu’elle soit financière ou matérielle.

Nous avons tenu compte de la situation des autres pays qui ont subi ces enlèvements et nous les avons visités pour obtenir leur collaboration dans ce combat commun. Cependant, nous avons souvent ressenti que ce problème ne suscitait pas un large écho parmi l’opinion publique, et que les familles de victimes étaient bien isolées dans leur souffrance.

Nous nous sommes également concertés avec différents organismes proches des Nations-Unies, et le Conseil de Sécurité nous a avoué son impuissance à imposer des contraintes à la Corée du Nord. Quant à la résolution sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord, le nombre de pays qui l’a adoptée est en augmentation, mais les autorités nord-coréennes ne semblent pas s’en soucier. Et elles ne font rien pour améliorer la condition du pays. Le gouvernement japonais se doit de négocier avec force.

Nous pensons depuis toujours que les problèmes avec la Corée du Nord ne se résoudront pas si nous leur montrons une quelconque indulgence.»