L'enlèvement de Japonais par la Corée du Nord

David Sneddon l’étudiant américain disparu au Yunnan

les soupçons d’enlèvement pèsent sur la Corée du Nord.

Le 14 août 2004, David Sneddon un jeune américain de 24 ans disparaît à Shangri-La, dans la préfecture autonome tibétaine de Dêqên, province de Yunnan (au sud de la Chine). L’éventualité d’un enlèvement par la Corée du Nord devient plus que probable. Chuck Downs, un éminent spécialiste américain des problèmes concernant la Corée du Nord, et qui présidait à l’époque le « Comité Américain pour les Droits de l’Homme », fut le premier à émettre ces soupçons.

Last photo taken of David Sneddon
(Yunnan, China)

David Sneddon à été élevé dans une famille de mormons. Il a vécu pendant 2 ans en Corée du Sud en tant que missionnaire, et parle le coréen couramment. Après son retour au pays, il se met à apprendre le chinois et au printemps 2004, il s’en va en voyage d’études à l’Institut des Relations Internationales de Pékin. Avant de repartir aux États-Unis pour poursuivre sa maîtrise de droit à l’université de Brigham Young, David Sneddon décide de passer l’été dans le sud de la Chine.

Dans la province de Yunnan, lors d’une randonnée le long des gorges du Saut du tigre, il s’arrête à Shangri-La et décide d’y passer la nuit. La dernière information qu’on a de lui est qu’il a mangé dans un restaurant coréen de la ville.

Le 28 avril 2012, les parents de David ainsi que son frère James sont invités à Tokyo à participer au Grand Rassemblement Populaire sur la question des enlèvements. James s’est exprimé en japonais pour demander une intensification de la collaboration nippo-américaine sur ce sujet. Les responsables japonais n’ont pas émis d’objections sur les soupçons de Chuck Downs et de la famille de David au sujet de l’implication probable de la Corée du Nord dans cette affaire.

Le 6 mai et durant une semaine, des membres de l’ AFVECN de l’ANSEJCN et un groupe parlementaire sur la question des enlèvements sont allés à Washington pour traiter du cas de David Sneddon et apporter de nouvelles informations afin que les autorités américaines puissent reprendre l’enquête et s’engager dans les efforts internationaux sur la question des enlèvements.

Nouvelles informations de l’AFVECN

L’AFVECN a récemment obtenu des renseignements importants de source chinoise. Pour des raisons de sécurité, ces sources ne seront pas divulguées.

En août 2004 un étudiant américain d’une université de Kunming, la capitale du Yunnan, est arrêté par le Bureau de la Sécurité Nationale local pour avoir aidé un étranger en situation irrégulière. Cet étudiant était alors âgé de 23 ou 24 ans. Il a été relâché en septembre. Par la suite, il aurait été arrêté par un groupe de cinq agents appartenant au Département de la Sécurité d’État de la Corée du Nord venus à Kunming surveiller les citoyens nord-coréens renégats qui s’y trouvaient.

  1. Les deux évènements se sont passés en août 2004.
  2. Le lieu (la province de Yunnan) est le même. David Sneddon a disparu à Shangri-La, une des préfectures de la province de Yunnan.
  3. Il s’agit d’un homme de type caucasien.
  4. L’homme arrêté avait 24 ans. C’est l’âge que David avait quand il a disparu.
  5. Il était étudiant, comme David.
  6. La cause de l’arrestation (assistance à un étranger en situation irrégu lière) laisser penser que David aurait voulu aider un Nord-Coréen qui avait fui son pays. Juste avant de venir dans le Yunnan, il s’était lié d’amitié avec un autre américain qui étudiait la diaspora coréenne en Chine. Le fait que David ait concrètement aidé des Nord-Coréens en fuite n’a pu être vérifié. Toujours est-il que cette relation a probablement dû éveiller les soupçons des officiels sino-nord-coréens.

Ces nouvelles informations permettent de considérer l’enlèvement plus que probable de David Sneddon par la Corée du Nord. Elles laissent également supposer que la police secrète chinoise, à travers le Bureau de la Sécurité Nationale, aurait eu un lien avec cet enlèvement.

Sur la base de ces nouveaux éléments apportés au dossier David Sneddon le 8 mai 2012 par l’AFVECN, l’ANSEJCN et le groupe parlementaire, le Département d’État des États-Unis ainsi que des personnes influentes de la Chambre des représentants ont 2 jours plus tard, le 10 mai, soulevé la question à M. Hong Lei, alors porte-parole adjoint du Ministère des Affaires Étrangères chinois, lors de la conférence de presse régulière. Ce dernier a répondu que malgré les recherches intensives du Bureau National de la Sécurité, David Sneddon n’a pu être retrouvé. Huit ans après sa disparition, ce fut donc la réponse officielle du Ministère des Affaires Étrangères chinois.

Le 15 mai, La Corée du Nord, par le biais de son agence la Korean Central New Agency (Agence de presse gouvernementale de la Corée du Nord) dénie toute implication dans l’affaire Sneddon. Là aussi, la rapidité de la réponse est frappante.