L'enlèvement de Japonais par la Corée du Nord

Les 4 types d’enlèvements dans le monde et les périodes correspondantes.

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Le premier type se réfère à l’enlèvement de Sud-Coréens pendant la guerre de Corée de 1950 à 1953. Ce sont près de 100 000 civils qui sont enlevés par la Corée du Nord et qui serviront comme main-d’œuvre spécialisée, soldats ou ouvriers pour la fondation du pays.Cette année, une exposition de photos de Shin Suk-ja au camp de concentration pour opposants politiques a été organisée par des étudiants en université. Cette exposition itinérante a parcouru toute la Corée du Sud et a été le détonateur qui a relancé la campagne de soutien à Shin Suk-ja. C’est notamment dans sa ville natale de Tongyeong (province du sud Gyeongsang ) que des représentants religieux et des camarades de classe de son école ont entrepris le mouvement qui s’est par la suite amplifié dans tout le pays jusqu’à faire réagir le gouvernement et les membres du parlement sud-coréen. La personnalité noble de Shin Suk-ja a su toucher le cœur de tous les Coréens.

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De juillet 1953, après l’armistice, jusqu’en 1975, ce sont environ 450 pêcheurs sud-coréens que la Corée du Nord enlève. Le but de cette manœuvre était de les utiliser comme espions infiltrés ou pour qu’ils participent à des opérations de propagande pour le communisme. Jusqu’au début des années 70, le niveau économique était plus élevé en Corée du Nord que chez le rival du sud et celle-ci voulait démontrer par la propagande que son idéologie était supérieure.

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En 1976 sous les ordres de Kim Jong-il, les enlèvements prennent une dimension internationale. En 1974 il est désigné comme successeur de son père, et l’année suivante, en 1975, il place ses hommes fidèles au sein des services secrets, et critique sévèrement les cadres de l’époque, les accusant de n’avoir rien fait dans les activités d’espionnages. Dorénavant, c’est lui qui donnera les directives dans ce domaine. En 1976, il présente les grandes lignes de sa réforme des services secrets avec comme mot d’ordre de « pourvoir une formation aux agents afin qu’ils soient considérés comme des locaux et qu’ils puissent ramener des étrangers en Corée du Nord pour les endoctriner. ». Avec ces nouvelles directives d’enlèvement, le rapt des pêcheurs cesse, et de 1977 à 1978, La Corée du Nord enlève des citoyens de douze pays différents (Corée du Sud, Japon, Macao (Chine), Thaïlande, Liban, Roumanie, Malaisie, Singapour, Jordanie, France, Hollande et Italie). Plus récemment, des affaires d’enlèvements d’Américains par la Corée du Nord commencent à faire surface.

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De 1995 jusqu’à très récemment, la Corée du Nord vise les étrangers soutenant en Chine les citoyens nord-coréens qui ont fui leur pays. Le cas de l’Américain David Sneddon semble en être un exemple.

La grande famine qui a touché la Corée du Nord à partir de 1995 a eu pour effet de faire fuir en Chine des dizaines de milliers de Nord-Coréens. La Corée du Nord a envoyé du personnel de son département de sécurité de l’État (la police secrète) et avec la connivence du gouvernement chinois, fait la chasse aux fugitifs. Elle en profite également pour kidnapper tout étranger qui aurait soutenu les fuyards.

En décembre 2009 à Tokyo, un symposium international est organisé par l’AFVECN, l’ANSEJCN et un groupe parlementaire dédié à la question des enlèvements. Kan Chol-hwan (membre d’un comité de recherche sur la Corée) y dévoile son mémoire sur les enlèvements de Chinois par la police secrète nord-coréenne.

« La police secrète fait enlever des centaines de personnes issues de la diaspora coréenne en Chine (définis comme des citoyens chinois de nationalité coréenne) qui apportent leur soutien à ceux qui fuient la Corée du Nord. Cela incluerait également 160 Chinois. Malgré le fait que la Chine est le premier soutien de la Corée du Nord, Kim Jon-il ne s’est pas gêné pour enlever plus de 100 citoyens chinois. Et s’il a besoin d’Américains, il n’hésitera pas une seconde à faire de même. »

En 1995, Ahn Sung-woon, un pasteur sud-coréen qui avait aidé un Nord-Coréen dans sa fuite en Chine se fait enlever par des agents nord-coréens. En 2000 c’est au tour du pasteur Kim Dong-Shik de subir le même sort pour son aide aux réfugiés nord-coréens. Également en Chine, à la même période et pour les mêmes raisons, un négociant en import-export sud-coréen se fait kidnapper. Le pasteur Ahn a été forcé de faire une conférence de presse en Corée du Nord, ce qui a prouvé qu’il y était captif. L’enlèvement du pasteur Kim a pu lui aussi être confirmé lorsque le membre de la police secrète nord-coréenne qui l’avait kidnappé a été arrêté par les autorités sud-coréennes. En 2000, l’AFVECN et l’ANSEJCN invitent à Tokyo l’épouse du pasteur Ahn. En novembre 2007, elles partent rencontrer des membres du gouvernement américain à Washington avec l’épouse du pasteur Kim, avant de l’inviter à venir à Tokyo en décembre de la même année.